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Kodawari : exiger le meilleur

Comprendre l’exigence japonaise qui eleve le moindre geste

L’art de la perfection et la noblesse du détail

Vous avez trouvé votre Ikigai, ce que vous aimez faire, et vous pratiquez le Kaizen, l’amélioration continue.
Mais qu’est-ce qui différencie un amateur passionné d’un véritable maître ?
C’est le Kodawari, prononcé Ko-da-wa-ri.

Souvent difficile à traduire, le Kodawari peut être entendu comme un engagement inébranlable, un souci du détail, une forme positive d’obsession pour la qualité.
C’est l’art de prendre quelque chose d’ordinaire et de l’élever au rang d’extraordinaire par la seule force de l’attention que vous lui portez.

Quand je l’ai compris, je n’ai pas changé de métier.
J’ai changé de regard.

Qu’est-ce que le Kodawari ?

Le Kodawari est un standard personnel de fierté.
C’est le refus de faire des compromis sur la qualité, même si personne ne le remarque.

Définition

Le Kodawari est une exigence personnelle, pas un code social.
Il s’appuie sur une attention obsessionnelle au détail et sur la primauté du processus, plus que sur la reconnaissance.

« Le Kodawari est un foyer sincère et inébranlable sur ce que vous faites, avec l’objectif de le rendre parfait, tout en sachant que la perfection est impossible. » – Kana Sato, IKIGAI : Wohlbefinden steigern
« Dans le Kodawari, le travail lui-même est la chose la plus importante. » – Kana Sato, IKIGAI : Wohlbefinden steigern

Le paradoxe est là : le maître sait qu’il n’atteindra jamais la perfection absolue, mais c’est le travail lui-même et la poursuite de cet idéal qui comptent le plus, pas la récompense finale.

Le Kodawari est souvent lié à une vie consacrée à un métier.
« Le Kodawari est souvent utilisé pour décrire l’individu qui a consacré sa vie entière à son métier. » – Kana Sato, IKIGAI : Wohlbefinden steigern

L’esprit du Takumi : L’artisan absolu

Pour comprendre le Kodawari, il faut observer les Takumi, ces artisans experts japonais.
Ils consacrent parfois une vie entière à un seul geste.

Jiro Ono prépare des sushis depuis plus de 80 ans.
Un de ses apprentis a dû s’exercer au tamago pendant des années avant que Jiro n’approuve enfin son travail.

Les pinceaux de Kumano sont fabriqués à la main, poil par poil.
Le tri est si rapide et si précis que les mains semblent danser, et un état de Flow devient possible.

Steve Jobs admirait Yukio Shakunaga, artisan de porcelaine blanche.
Il allait chercher lui-même sa matière dans les montagnes, pour atteindre une simplicité sophistiquée et une attention fanatique aux détails.

« Les takumi, ou experts dans une compétence manuelle particulière, sont extrêmement importants… ils sont difficiles à remplacer car ils sont les seuls à savoir exécuter leur compétence avec une telle précision. » – Héctor García et Francesc Miralles, Ikigai: The Japanese Secret to a Long and Happy Life

Repère

Takumi ne désigne pas un titre honorifique, mais une qualité de présence au geste.
Le terme décrit une maîtrise patiente, façonnée par le temps.

Pourquoi adopter le Kodawari ?

Dans un monde qui valorise la vitesse et la quantité, le Kodawari semble contre-intuitif.
Pourtant, il donne du sens à l’action quotidienne, et rejoint l’Ikigai dans cette façon de faire juste.

« Ce qui rend l’ikigai efficace est son lien inséparable avec un sentiment de maîtrise — l’idée connue sous le nom de « chantosuru » : le fait que les choses doivent être faites correctement. » – Iza Kavedžija, citée dans Ikigai par Michael Luck
« Le bonheur est dans le faire, pas dans le résultat. » – Héctor García et Francesc Miralles, The Book of Ichigo Ichie

Le Kodawari nourrit la fierté personnelle.
Vous n’avez pas besoin d’applaudissements pour sentir la qualité de votre geste.

Il élève le quotidien.
Bill Gates applique une forme de microflow en faisant la vaisselle tous les soirs, avec un ordre précis et des règles qu’il s’est fixées.

Il crée une valeur durable, avec une âme.
Ce n’est pas la vitesse qui tient dans le temps, c’est l’attention.

Comment développer votre Kodawari

Choisissez un domaine.
Ne visez pas partout, mais visez haut.

Respectez vos outils et vos matériaux.
Gardez un environnement soigné, comme si chaque objet participait à la qualité de votre geste.

La règle de la simplicité sophistiquée demande d’éliminer le superflu.
Hayao Miyazaki insiste pour dessiner à la main malgré la technologie disponible.

« Le Kodawari est synonyme de passion, de persévérance, d’engagement et d’amour du détail. » – Kana Sato, IKIGAI : Wohlbefinden steigern

Acceptez l’imperfection, le Wabi-sabi vous y aide.
Aimez le processus d’amélioration lui-même.

Exemple

Choisir un geste quotidien, comme préparer un café, et le pratiquer avec soin chaque matin, jusqu’à sentir que votre main sait ce qu’elle fait.

Conclusion : La dignité de l’effort

Le Kodawari est la preuve que n’importe quelle tâche, aussi humble soit-elle, peut devenir noble si on l’aborde avec le bon état d’esprit.
Cette idée compte pour moi.
Elle m’a redonné de la tendresse pour des gestes que je croyais petits.

Qu’il s’agisse de préparer un café le matin, d’écrire un email ou de coder un logiciel, demandez-vous : _« Comment puis-je faire cela non pas juste pour finir, mais pour que ce soit beau et bien fait ? »_

C’est dans cette attention, invisible pour les autres mais évidente pour vous, que réside la véritable maîtrise.

« Le Kodawari signifie l’aspect de l’appréciation des petites choses de la vie. » – Kana Sato, IKIGAI : Wohlbefinden steigern

Vous avez désormais toutes les clés philosophiques et pratiques : Ikigai, Hansei, Kaizen, Ichigo Ichie, Moai, Flow, Kodawari, les 5 Pourquoi et les Zones Bleues.


Bibliographie

  • Kana SatoIKIGAI : Wohlbefinden steigern
  • Héctor García et Francesc MirallesIkigai: The Japanese Secret to a Long and Happy Life
  • Héctor García et Francesc MirallesThe Book of Ichigo Ichie
  • Iza Kavedžija – citée dans Ikigai par Michael Luck

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