Besoins CNV : les reconnaitre
La 3e étape de l’OSBD pour identifier ce qui nous anime et faire des demandes claires
Troisième étape de la CNV
Dans le processus OSBD, le besoin est la troisième étape, le « B ».
Observation, Sentiment, Besoin, Demande : je le dis simplement, parce que cela donne un fil clair quand je me sens perdu.
Quand je reviens à ce « B », je sens mon corps se poser.
Je n’accuse plus, je me relie.
Repère
Dans l’OSBD, le « B » indique le besoin, troisième étape qui relie le sentiment à la demande.
Les Besoins en Communication NonViolente : La Clé de l’Épanouissement et de l’Authenticité
En tant que formateur en CNV et thérapeute, j’ai observé à maintes reprises que la compréhension des besoins est un pilier central de la Communication NonViolente.
Les besoins sont au cœur de nos sentiments et sont le moteur de nos actions.
Quand je parviens à les identifier et à les exprimer avec clarté, j’ouvre la voie à des relations plus authentiques et à une satisfaction plus profonde.
« Tout ce qu’on fait, c’est pour aller à la rencontre de nos besoins. » – Marshall B. Rosenberg, Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs)
Qu’est-ce qu’un besoin en CNV ?
Un besoin, dans le langage de la CNV, est défini comme une ressource essentielle à la vie.
Il s’agit d’un besoin humain fondamental et universel.
Les besoins sont des qualités positives qui animent une vie humaine florissante.
Ils sont indépendants des personnes, des moments, des lieux ou des actions spécifiques.
Il est important de noter que tous les êtres humains partagent les mêmes besoins fondamentaux.
Ce qui diffère, ce sont les stratégies que nous employons pour satisfaire ces besoins.
« Les besoins représentent les forces primordiales nécessaires à la vie. » – Jean-Philippe Faure, Le couple, chemin d’écoute et de partage
« Les besoins sont des manifestations de la vie. » – Marshall B. Rosenberg, Cité par le Cercle de la NonViolence
Définition
En CNV, un besoin est une qualité de vie qui nous anime, commune à tous, indépendante de toute personne ou situation.
Pourquoi se connecter à nos besoins ?
Mieux se comprendre : si je me sens en colère, c’est peut-être parce que j’ai un besoin de respect qui n’est pas satisfait.
Exprimer nos sentiments avec clarté : « Je suis déçu parce que j’ai besoin de soutien ».
Faire des demandes authentiques, claires et concrètes.
Développer l’empathie : l’autre agit pour ses besoins, et je peux l’entendre plutôt que le juger.
Quand je suis en paix, je remarque que mes sentiments agréables me parlent de besoins nourris.
Quand je suis tendu, je vois que mes sentiments désagréables signalent des besoins non satisfaits.
« Un besoin a plus besoin d’être reconnu qu’assouvi. » – Marshall B. Rosenberg, Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs)
Nuance
Parler des besoins de l’autre demande le conditionnel : je peux supposer, jamais affirmer.
La distinction essentielle entre besoins et stratégies
En CNV, la différenciation est nette.
Un besoin est abstrait, universel.
Une stratégie est concrète, située : action, personne, lieu, moment, objet, ce que certains résument par l’acronyme PLATO.
Le besoin n’est jamais lié à une personne précise, un objet, une action particulière.
La stratégie, elle, change selon le contexte, les ressources, l’âge, la culture.
À ne pas confondre
Besoin : universel, stable, indépendant.
Stratégie : concrète, variable, située.
Exemples pour illustrer la différence
- Besoin : sécurité. Stratégies possibles : verrouiller la porte, installer un système d’alarme, avoir un chien de garde.
- Besoin : repos. Stratégies possibles : dormir huit heures, faire une sieste, méditer.
- Besoin : connexion. Stratégies possibles : appeler un ami, passer du temps en famille, participer à une activité de groupe.
Pièges à éviter
Il est courant de confondre besoins et stratégies dans notre langage quotidien.
Dire « J’ai besoin que tu fasses ça » est une stratégie déguisée.
Le besoin sous-jacent pourrait être : aide, efficacité, coopération.
J’entends souvent, et je m’entends encore parfois, ce glissement qui rend la demande invisible.
« Les jugements portés sur autrui sont les expressions détournées de nos propres besoins inassouvis. » – Marshall B. Rosenberg, Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs)
« Chaque jugement est l’expression tragique d’un magnifique besoin (non satisfait). » – Marshall B. Rosenberg, The Nonviolent Communication Book of Quotes
Quelques besoins fondamentaux
- Connexion : affection, amour, appartenance, communauté, considération, contribution, coopération, respect, soutien, confiance, empathie, chaleur humaine.
- Autonomie : choix, liberté, espace, indépendance.
- Sens : contribution, apprentissage, conscience, découverte, efficacité, stimulation.
- Intégrité : authenticité, créativité, estime de soi.
- Bien-être physique : air, eau, nourriture, mouvement, repos, sécurité, expression sexuelle.
- Jeu : amusement, rire.
- Communion d’esprit : beauté, harmonie, inspiration.
Je mentionne aussi Manfred Max-Neef et ses neuf catégories : subsistance, protection, affection, compréhension, participation, loisir, création, identité, liberté.
Cela m’aide à garder une vue large.
Comment identifier nos besoins ?
Être attentif à nos sentiments : ils signalent ce qui est nourri ou manquant.
Se poser les bonnes questions : « Qu’est-ce qui est important pour moi dans cette situation ? », « De quoi ai-je besoin en ce moment ? ».
Distinguer besoins et stratégies : repos n’est pas dormir huit heures, c’est un besoin, pas un horaire.
L’autre est un stimulus, pas la cause de mes émotions.
Et l’auto-empathie me permet de me relier à mes besoins pour retrouver clarté et pouvoir d’agir avant d’entrer en relation.
Exemples concrets pour une vie alignée sur nos besoins
Au travail, si je me sens frustré par un projet, je peux regarder quels besoins ne sont pas satisfaits : collaboration, reconnaissance, autonomie.
En famille, si un enfant se met en colère, je peux chercher les besoins derrière sa colère : attention, compréhension, jeu, et répondre avec empathie.
En couple, prendre le temps d’échanger sur nos besoins d’affection, de communication, de soutien aide à contribuer aux besoins de l’autre.
Transformer les « Je dois » en « Je choisis »
Remplacez les « je dois » par « je choisis de… parce que je veux… ».
Ce déplacement rend la responsabilité émotionnelle visible et remet de la liberté là où il y avait de la contrainte.
« La demande, dans la conscience des besoins, est la clé de l’abondance. » – Guy De Beusscher, Citation
Voir aussi Besoin du besoin en CNV pour aller plus loin.
L’écoute empathique : Le cœur de la bienveillance
L’Écoute empathique aide à identifier les besoins d’autrui.
Elle invite à éviter les jugements et à chercher les besoins derrière les critiques, à traduire ce « langage chacal » sans le condamner.
La CNV : Un chemin vers l’authenticité
La CNV est un outil pour vivre en accord avec nos valeurs et nos besoins.
Quand je m’y appuie, je cultive l’authenticité, la compassion et la connexion envers moi-même et envers les autres.
« Au niveau des besoins, le conflit est impossible car c’est un niveau qui amène à la compréhension mutuelle et au non-jugement. » – Marshall B. Rosenberg, Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs)
« Les gens qui connaissent leurs besoins ne font pas de bons esclaves. » – Marshall B. Rosenberg, Raising Children Compassionately
Bibliographie
- Marshall B. Rosenberg – Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs), La Découverte
- Jean-Philippe Faure & Muriel Hemelsoet – Pratiquer la Communication NonViolente, Éditions Jouvence
